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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/180

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vaient en vue de l’Alert — une centaine au moins — voiliers qui ne pouvaient gagner le port. Tels ils étaient ce soir-là, tels ils seraient sans doute le lendemain, la plupart ayant mouillé pour étaler la marée de nuit.

À dix heures, le trois-mâts n’était séparé de la côte que d’un demi-mille. Il avait un peu dérivé vers l’ouest jusqu’au travers de Roberts-Cove.

Harry Markel jugea qu’il ne fallait pas attendre pour envoyer l’ancre par le fond, et il appela ses hommes.

Lorsque Louis Clodion, Roger Hinsdale et les autres l’entendirent, ils s’empressèrent de quitter la dunette.

« Est-ce que vous allez mouiller, capitaine Paxton ?… demanda Tony Renault.

— À l’instant, répondit Harry Markel. Le flot prend de la force… Nous sommes trop près de terre… et je craindrais de m’échouer…

— Ainsi, questionna Roger Hinsdale, il n’y a pas apparence que la brise se lève ?…

— Pas apparence.

— Cela commence à devenir contrariant, fit observer Niels Harboe.

— Très contrariant.