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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/179

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S’étant déshabillé méthodiquement, il accrocha ses vêtements à la place qu’ils occuperaient pendant le voyage ; il se coiffa d’un bonnet de soie noire ; il s’allongea sur son cadre. Puis son ultime pensée, avant de s’endormir, fut celle-ci ;

« Excellente madame Patterson !… Ma dernière précaution lui a bien causé quelque peine !… Mais c’était agir en homme sage, et tout sera réparé au retour. »

Cependant, si le calme de la mer égalait le calme de l’espace, l’Alert subissait toujours l’action des courants, très prononcés à l’entrée du canal de Saint-George. Le flot qui arrivait du large tendait à le rapprocher de terre. Outre que Harry Markel pouvait craindre de se mettre au plein s’il n’immobilisait pas son navire, il n’aurait voulu pour rien au monde être entraîné plus au nord jusqu’à la mer d’Irlande. D’autre part, si l’Alert venait à s’échouer sur le littoral, bien que le sauvetage n’eût offert aucune difficulté par une mer si tranquille, quelle situation périlleuse pour ces fugitifs, obligés de prendre terre, alors que la police devait diriger ses recherches aux environs de Queenstown et de Cork !

Du reste, nombre de bâtiments se trou-