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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/176

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Or, la mer était au calme blanc. Aucune ride à sa surface, pas même un clapotis, ni à la côte, ni aux flancs du navire. La mer d’Irlande vidait tranquillement ses eaux dans l’océan Atlantique.

Il suit de là que l’Alert était aussi immobile qu’il l’eût été entre les rives d’un lac ou d’une rivière. On ne sentait pas à bord le plus léger roulis, grâce à l’abri de la terre. M. Horatio Patterson se félicitait, à la pensée qu’il aurait le temps de s’acclimater et de se faire le pied marin.

Les passagers prenaient donc cet état de choses en patience, et, d’ailleurs, quel moyen d’y remédier ? Mais que d’inquiétudes pour Harry Markel et son équipage dans ce voisinage de la terre ! Il était toujours à craindre qu’un aviso de l’État vînt mouiller à l’ouvert du canal de Saint-George, avec ordre de visiter tous les bâtiments qui sortiraient de la baie de Cork.

À cette inquiétude se mêlait aussi la colère. Harry Markel se demandait s’il pourrait en empêcher la manifestation. Corty et les autres montraient des figures dont les passagers finiraient peut-être par s’effrayer.

John Carpenter et lui essayaient vainement de les modérer. On ne se fût pas ex-