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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/175

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rencontreraient pas un continent, avant l’arrivée dans les mers d’Amérique, où chacun d’eux retrouverait un peu de ce qu’il laissait en Europe.

Du reste, on va le voir, un certain temps se passerait sans que les côtes britanniques eussent disparu sous l’horizon.

En effet, la brise qui venait de se lever avait permis à l’Alert de quitter son mouillage de l’anse Farmar. Mais, ainsi qu’on pouvait le craindre, cette brise de terre, sans force ni durée, mourait à quelques milles au large.

Pour prendre direction au sortir du canal de Saint-George, l’Alert devait mettre le cap au sud-ouest, et c’est bien ce qu’eût fait le capitaine Paxton. Et, s’il avait pu pousser jusqu’à une centaine de milles, peut-être aurait-il rencontré le vent mieux établi en pleine mer. Telle n’était pas l’intention d’Harry Markel : ce serait vers le sud qu’il donnerait la route en sortant du canal.

Au surplus, — ce qui aurait favorisé ses abominables projets, — c’eût été de s’éloigner le plus possible de la côte pendant la nuit, de se déhaler des nombreux bâtiments qui la fréquentent et que retenait le défaut de brise.