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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/173

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sées précédemment faites, lorsqu’ils étaient venus des Antilles en Europe.

Et leurs vives imaginations travaillaient en songeant à ce grand voyage qui les ramenait au pays natal. Dans leur pensée foisonnaient ces mots magiques : excursions, explorations, aventures, découvertes, qui appartiennent à la nomenclature des touristes. Les récits qu’ils avaient lus, et plus particulièrement durant les derniers jours passés à Antilian School, leur revenaient à l’esprit. Et ce qu’ils avaient dévoré de voyages alors qu’ils ne connaissaient pas encore la destination de l’Alert !… Ce qu’ils avaient feuilleté d’atlas et consulté de cartes !…

Il faut donc se rendre compte de l’état de ces jeunes cerveaux singulièrement surexcités, avec leur trop plein de désirs et de souhaits. Et, maintenant, bien que n’ignorant plus le but de ce voyage, très simple et très facile, en somme, ils étaient toujours sous l’impression de leurs lectures. Ils suivaient les grands découvreurs lors de leurs expéditions lointaines, ils prenaient possession de terres nouvelles, ils y arboraient le pavillon de leur pays !… Ils étaient Christophe Colomb en Amérique, Vasco de Gama