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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/140

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mouillage de l’Alert, et une embarcation s’offrirait à l’y conduire.

Ces réflexions, et bien qu’il ne connût pas l’homme qu’était M. Patterson, venaient naturellement à l’esprit d’Harry Markel. Tout en ayant soin de ne pas paraître sur la dunette, par crainte d’être aperçu des pêcheurs, il ne laissait pas de surveiller attentivement la baie. À travers une des fenêtres du carré de l’arrière, Corty, de son côté, une longue-vue aux yeux, observait tout le mouvement qui se faisait dans le port, dont il distinguait parfaitement les quais et les maisons à cette distance de deux milles. Le ciel, en effet, était devenu très clair. Le soleil montait sur un horizon très pur, dont il avait dissipé les dernières brumes. Mais, nulle apparence de vent, pas même au large, et les signaux des sémaphores indiquaient calme plat en pleine mer.

« Décidément, s’écriait John Carpenter, prison pour prison, autant valait celle de Queenstown !… Au moins avons-nous pu nous en échapper… tandis qu’ici…

— Attends », lui répondit Harry Markel.

Un peu avant dix heures et demie, Corty reparut à la porte de la dunette et dit :

« Il me semble bien avoir aperçu un canot,