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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/128

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l’Alert, qui ne tarda pas à éviter sur son ancre et présenta l’arrière au large.

Peut-être pouvait-on espérer que la mer descendante amènerait un peu de vent du nord-ouest, ce qui eût permis au navire de quitter son mouillage pour donner dans le canal de Saint-George ; mais cet espoir fut bientôt déçu. La nuit s’achèverait sans qu’il eût été possible de lever l’ancre.

Il s’agissait maintenant de se débarrasser des cadavres. Auparavant, John Carpenter voulut s’assurer si un remous ne les retiendrait pas au milieu de l’anse Farmar. Corty et lui descendirent dans le canot et constatèrent que le courant portait vers la pointe qui séparait l’anse du goulet, puisque le jusant entraînait les eaux dans cette direction.

Le canot revint, se rangea le long du bord par le travers du grand mât, et, l’un après l’autre, les corps y furent déposés.

Puis, pour plus de précaution, le canot les transporta jusqu’au revers de la pointe, contre laquelle le courant aurait pu les jeter sur la grève.

Alors, John Carpenter et Corty les précipitèrent l’un après l’autre dans cette eau tranquille dont le clapotis se faisait à peine