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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/126

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d’un correspondant établi à Liverpool, et qui répondait à la fois du navire et du capitaine.

À minuit et demi, Harry Markel, sortant de la cabine, monta sur la dunette, où il rencontra John Carpenter.

« Toujours du calme ?… demanda-t-il.

— Toujours, répondit le maître d’équipage, et pas apparence que le temps change ! »

En effet, même bruine tombant de nuages bas, immobilisés d’un horizon à l’autre, même obscurité à la surface de la baie, et aussi même silence que ne rompait pas le plus léger clapotis du courant. On était dans les marées de quadrature, peu fortes à cette époque de l’année. Aussi le flot ne se propageait qu’avec lenteur à travers le goulet jusqu’à Cork et ne remontait que de deux milles seulement dans la rivière de la Lee.

Or, cette nuit-là, la mer devait être étale vers trois heures du matin, et c’est alors que le jusant se ferait sentir.

Certes, John Carpenter avait de bonnes raisons pour pester contre la mauvaise chance. Avec la marée descendante, si peu qu’eût soufflé la brise, et de quelque côté qu’elle fût venue, l’Alert aurait pu mettre à