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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/122

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Quoi qu’il en fût, le seul parti, pour l’instant, c’était d’attendre, c’est ce que Harry Markel se contenta de répondre. Le moment venu, on déciderait s’il conviendrait ou non d’abandonner l’Alert et de se réfugier sur quelque point de l’anse Farmar, afin de gagner la campagne. En tous cas, les fugitifs se précautionneraient de vivres, après avoir fait main basse sur l’argent renfermé dans les tiroirs du capitaine ou dans les sacs de ses matelots. On revêtirait les habits de l’équipage, déposés dans le poste, — tenue moins suspecte que celle des échappés de Queenstown. Ainsi, munis d’argent et de provisions, qui sait s’ils ne parviendraient pas à déjouer les recherches de la police, à s’embarquer dans quelque autre port de l’Irlande, à se mettre en sûreté sur un autre point du continent ?…

Donc, il y avait cinq ou six heures à passer avant de prendre une décision. Harry Markel et sa bande, traqués par les constables, étaient rompus de fatigue, lorsqu’ils arrivèrent à bord de l’Alert. En outre, ils mouraient de faim. Aussi, dès qu’ils furent les maîtres du navire, leur premier soin fut-il de se procurer quelque nourriture.

Celui d’entre eux qui était naturellement