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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/121

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large. Il n’hésiterait pas mais peut-être serait-il nécessaire d’attendre la prochaine nuit… encore une vingtaine d’heures… Et puis, il y avait toujours cette grave complication : c’est que le capitaine Paxton fût connu de l’un d’eux, et comment expliquer son absence le jour même, on peut dire à l’heure même où devait appareiller l’Alert ?…

Non, ce qui valait le mieux, c’était que le temps permit de mettre à la voile et de s’éloigner, pendant l’obscurité, d’une vingtaine de milles dans le sud de l’Irlande. La malchance était vraiment grande, qui empêchait de déraper pour se soustraire à toute poursuite.

Après tout, peut-être ne s’agissait-il que de prendre patience. Il n’était pas encore onze heures. Une modification des conditions atmosphériques ne se produirait-elle pas avant l’aube ? Oui, peut-être, bien que Harry Markel et ces gens de mer, habitués à observer le temps, n’entrevissent aucun symptôme favorable. Cette brume persistante leur causait de très légitimes inquiétudes. Cela indiquait une atmosphère pure de toute électricité, un de ces « temps pourris », disent les marins, desquels il n’y a rien à espérer, et qui peuvent durer pendant plusieurs jours.