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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/120

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débarrasser de l’équipage de l’Alert, et nous saurions bien… »

Corty remuait la tête, non point qu’il désapprouvât John Carpenter et il crut devoir faire cette réflexion :

« Ce qui a été facile pendant la nuit le serait moins pendant le jour… Et puis ces passagers auront été amenés par des gens du port qui connaissent peut-être le capitaine Paxton !… Que leur répondre quand ils demanderont pourquoi il n’est pas à bord ?…

— On leur dira qu’il est allé à terre, répliqua le maître d’équipage… Ils embarqueront… leur canot retournera à Queenstown… et alors… »

Il est certain qu’au fond de cette anse déserte de Farmar, à un moment où aucun navire ne serait en vue, ces misérables auraient aisément raison des passagers. Ce n’était pas devant ce nouveau crime qu’ils reculeraient… M. Patterson et ses jeunes compagnons seraient massacrés sans avoir même pu se défendre, comme l’avaient été les hommes de l’Alert.

Cependant, suivant son habitude, Harry Markel laissait parler. Il réfléchissait à ce qu’exigeait cette situation très menaçante où les mettait l’impossibilité de gagner le