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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/117

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eût dérivé à travers la baie jusqu’au port de Queenstown.

En général, lorsque la marée commence à se faire sentir, les eaux du large amènent un peu de brise, et, bien que cette brise eût été contraire, Harry Markel, en louvoyant, aurait essayé de sortir. Le maître d’équipage connaissait assez ces parages pour ne point compromettre sa marche, et, une fois dehors, l’Alert aurait pu se tenir en bonne position pour profiter des premiers souffles. À plusieurs reprises, John Carpenter se hissa dans la mâture. Peut-être l’anse, abritée par de hautes falaises, arrêtait-elle le vent… Non, rien, et la girouette du grand mât demeurait immobile.

Cependant tout espoir n’était pas perdu, même si le vent ne reprenait point avant le jour. Il était dix heures à peine. Après minuit, la marée renverserait. À ce moment, profitant du jusant, Harry Markel ne tenterait-il pas de donner en mer ?… Aidé de ses embarcations, montées par tous les hommes et qui le prendraient à la remorque, l’Alert parviendrait-il à sortir de la baie ?… Et sans doute Harry Markel et John Carpenter avaient songé à cet expédient. Il est vrai, qu’arriverait-il si le bâtiment restait encal-