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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/116

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et ne paraissait pas devoir changer. Toujours cette épaisse brume qui tombait lentement des basses zones du ciel. Les nuages immobilisés semblaient s’abaisser jusqu’à la surface de la mer. Par instants, les éclats du phare, à l’entrée de la baie, ne se laissaient plus même apercevoir. Au milieu de cette profonde obscurité, aucun navire à vapeur ne tenterait d’entrer ou de sortir. C’eût été courir le risque de se mettre au plein, faute d’avoir pu relever les feux de la côte et du canal de Saint-George. Quant aux voiliers, ils devaient être encalminés à quelques milles au large.

Du reste, la mer « ne sentait rien ». À peine les eaux de la baie ondulaient-elles sous l’action de la marée montante. À peine un léger clapotis murmurait-il sur les flancs de l’Alert. À peine le canot se balançait-il à l’arrière au bout de son amarre.

« Pas de vent de quoi remplir mon chapeau ! » s’écria John Carpenter, en accompagnant cette remarque des plus effroyables jurons.

Il ne fallait donc pas songer à l’appareillage.

Les voiles inertes auraient pendu le long des mâts, et le navire, entraîné par le flot,