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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/113

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les dépister à bord de l’Alert. À eux toute facilité de reprendre le cours de leurs pirateries dans les lointains parages du Pacifique. Ils n’avaient plus qu’à lever l’ancre, à prendre le large. En quelques heures, ils seraient hors du canal de Saint-George.

Il est vrai, lorsque les pensionnaires d’Antilian School arriveraient pour embarquer sur l’Alert dans la matinée du lendemain, l’Alert ne serait plus à son mouillage, et c’est en vain qu’on le rechercherait dans la baie de Cork ou dans le port de Queenstown.

Et alors, cette disparition reconnue, quelle explication imaginer ?… Quelles hypothèses se présenteraient à l’esprit ?… Le capitaine Paxton et son équipage avaient-ils été forcés de mettre à la voile, sans même attendre leurs passagers ?… Mais pour quelle raison ?… Ce n’était pas le mauvais temps qui avait contraint le navire à quitter l’anse Farmar… La brise du large se faisait à peine sentir aux approches de la baie… Les bâtiments à voiles y étaient encalminés… Seuls, depuis quarante-huit heures, quelques steamers avaient pu y entrer ou en sortir… La veille encore, l’Alert avait été vu à cette place, et, quant à supposer que, pendant la