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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/111

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Corty et les autres les attendaient à l’entrée et à mesure qu’ils sortaient, ils étaient frappés, sans avoir pu se mettre en défense.

En quelques instants, six matelots furent étendus sur le pont. Mortellement blessés, quelques-uns poussaient des cris d’épouvante et de douleur. Mais, ces cris, qui les eût entendus, et comment un secours serait-il arrivé au fond de cette anse où l’Alert se trouvait seul au mouillage, au milieu de cette profonde obscurité de la nuit ?…

Six hommes et le capitaine ne composaient pas tout l’équipage. Trois ou quatre devaient être dans le poste d’où ils n’osaient sortir…

On les en tira, malgré leur résistance, et, en un instant, le pont fut rouge du sang de onze cadavres.

« Les corps à la mer !… » cria Corty.

Et il se préparait à jeter les cadavres par dessus le bord.

« Tiens bon !… lui dit Harry Markel. Le flot les ramènerait vers le port. Attendons la marée descendante, et elle les entraînera au large. »