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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/108

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teraient les premiers coups, ils auraient probablement tout l’avantage.

D’ailleurs, les circonstances allaient les favoriser. Après être resté quelques instants sur la dunette, le matelot revint à son poste à l’avant. On ne l’entendit point appeler. Il n’avait pas même vu l’embarcation qui se glissait dans l’ombre.

Une minute après, le canot rangeait le flanc du navire, et s’arrêtait par le travers du grand mât, où l’escalade serait facile en se servant des porte-haubans.

Du reste, l’Alert ne s’élevait que de six pieds au-dessus de sa ligne de flottaison, qui dépassait à peine le doublage en cuivre de sa coque. En deux bonds, se hissant des pieds et des mains, Harry Markel et les siens retomberaient sur le pont.

Dès que le canot eut été amarré, afin que le flot ne pût le ramener dans la baie, les coutelas furent passés aux ceintures — coutelas que les fugitifs avaient pu voler après leur évasion. Corty fut le premier à franchir la lisse. Ses camarades le suivirent avec tant d’adresse et de prudence, que l’homme de service ne les entendit ni ne les aperçut.

Rampant alors le long de la coursive, ils