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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/107

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proche de Harry Markel et de ses compagnons n’avait pas attiré l’attention du matelot de garde.

Cependant ceux-ci purent croire que leur présence allait être signalée. Probablement, un léger clapotis parvint à l’oreille du matelot, dont on entendit le pas le long du bastingage. Sa silhouette se dessina un instant sur la dunette ; puis, se penchant au-dessus de la rambarde, il tourna la tête à droite et à gauche, comme un homme qui cherche à voir…

Harry Markel et les autres s’étaient couchés sur les bancs du canot. Il est vrai, lors même que le matelot ne les apercevrait pas, il distinguerait le canot, il appellerait ses camarades sur le pont, ne fût-ce que pour amarrer une embarcation en dérive. Ceux-ci chercheraient à la saisir au passage, et il ne serait plus possible de surprendre le navire.

Eh bien, même en ce cas, Harry Markel n’abandonnerait pas ses projets. S’emparer de l’Alert était pour ses compagnons et lui une question de vie ou de mort. Aussi ne chercheraient-ils point à s’éloigner. Ils s’élanceraient sur le pont, ils joueraient du coutelas, et comme ce seraient eux qui por-