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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/106

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pont. Il fallait éviter d’attirer son attention. Aussi, les avirons levés, le courant devrait suffire à porter l’embarcation sur le flanc de l’Alert.

En effet, en moins d’une minute, Harry Markel et ses compagnons raseraient la hanche de tribord du navire. Ni aperçus ni entendus, il ne leur serait pas difficile de se hisser par-dessus les bastingages et de se débarrasser du matelot de quart avant qu’il eût pu donner l’éveil.

Le navire venait d’éviter sur son ancre. Le premier flot se faisait sentir, sans amener la brise avec lui. Dans ces conditions, l’Alert présentait son avant vers l’entrée de la baie, son arrière tourné vers le fond de l’anse Farmar, que fermait une pointe au sud-est. Cette pointe, il serait nécessaire de la contourner pour gagner le large et se mettre en direction à travers le canal de Saint-George.

Donc, à ce moment, au milieu d’une profonde obscurité, le canot allait accoster le bâtiment par son flanc de tribord. Seul, au-dessus du gaillard d’avant, brillait le fanal, suspendu à l’étai de misaine, et qui parfois s’éclipsait lorsque la bruine tombait plus épaisse.

Aucun bruit ne se faisait entendre, et l’ap-