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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/105

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au milieu de cette profonde obscurité, en se dirigeant vers le sud-sud-est, il était assuré d’atteindre l’anse. Certainement, on apercevrait alors le feu réglementaire que tout navire hisse à son avant, lorsqu’il est à l’ancre dans une baie ou dans un port.

À mesure que marchait l’embarcation, les dernières lumières de la ville se noyaient dans la brume. Pas un souffle d’air ne se faisait sentir. Aucune houle à la surface de la baie. Le calme le plus complet devait régner au large.

Vingt minutes après avoir quitté l’appontement, le canot s’arrêta.

John Carpenter, se relevant à demi :

« Un feu de navire… là… », dit-il.

Une lumière blanche brillait à une quinzaine de pieds au-dessus de l’eau, à une distance de cent toises.

Le canot, se rapprochant de la moitié de cette distance, resta immobile.

Nul doute que ce navire fût l’Alert, puisque, d’après les informations, aucun autre n’était alors mouillé dans l’anse Farmar. Il s’agissait donc de l’accoster sans donner l’éveil. Que l’équipage se tint en bas par ce temps de bruine, c’était probable. Mais, tout au moins, un homme serait de garde sur le