Page:Verne - Autour de la Lune.djvu/85

Cette page a été validée par deux contributeurs.


« mers, » mais il ne pouvait en reconnaître la nature. La saillie des montagnes disparaissait dans la splendide irradiation que produisait la réflexion des rayons solaires. Le regard, ébloui comme s’il se fût penché sur un bain d’argent en fusion, se détournait involontairement.

Cependant la forme oblongue de l’astre se dégageait déjà. Il apparaissait comme un œuf gigantesque dont le petit bout était tourné vers la Terre. En effet, la Lune, liquide ou malléable aux premiers jours de sa formation, figurait alors une sphère parfaite ; mais, bientôt entraînée dans le centre d’attraction de la Terre, elle s’allongea sous l’influence de la pesanteur. À devenir satellite, elle perdit la pureté native de ses formes ; son centre de gravité se reporta en avant du centre de figure, et, de cette