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Le 28, après deux autres jours de recherches, tout espoir était perdu. Ce boulet, c’était un atome dans l’immensité de la mer ! Il fallait renoncer à le retrouver.

Cependant, J.-T. Maston ne voulait pas entendre parler de départ. Il ne voulait pas abandonner la place sans avoir au moins reconnu le tombeau de ses amis. Mais le commandant Blomsberry ne pouvait s’obstiner davantage, et, malgré les réclamations du digne secrétaire, il dut donner l’ordre d’appareiller.

Le 29 décembre, à neuf heures du matin, la Susquehanna, le cap au nord-est, reprit route vers la baie de San Francisco.

Il était dix heures du matin. La corvette s’éloignait sous petite vapeur et comme à regret du lieu de la catastrophe, quand le matelot, monté sur les barres du perroquet, qui observait la mer, cria tout à coup :

« Une bouée par le travers sous le vent à nous. »

Les officiers regardèrent dans la direction indiquée. Avec leurs lunettes, ils reconnurent que l’objet signalé avait, en effet, l’apparence de ces bouées qui servent à baliser les passes des baies ou des rivières. Mais, détail singulier, un pavillon, flottant au vent, surmontait son cône qui émergeait de cinq à six pieds. Cette bouée resplendissait sous les rayons du soleil, comme si ses parois eussent été faites de plaques d’argent.

Le commandant Blomsberry, J.-T. Maston, les délégués du Gun-Club, étaient montés sur la passerelle, et ils examinaient cet objet errant à l’aventure sur les flots.

Tous regardaient avec une anxiété fiévreuse, mais en silence. Aucun n’osait formuler la pensée qui venait à l’esprit de tous.

La corvette s’approcha à moins de deux encâblures de l’objet.

Un frémissement courut dans tout son équipage.

Ce pavillon était le pavillon américain !

En ce moment, un véritable rugissement se fit entendre. C’était le brave J.-T. Maston, qui venait de tomber comme une masse. Oubliant d’une part, que son bras droit était remplacé par un crochet de fer, de l’autre, qu’une simple calotte en gutta-percha recouvrait sa boîte crânienne, il venait de se porter un coup formidable.

On se précipita vers lui. On le releva. On le rappela à la vie. Et quelles furent ses premières paroles ?

« Ah ! triples brutes ! quadruples idiots ! quintuples boobys que nous sommes !

– Qu’y a-t-il ? s’écria-t-on autour de lui.

– Ce qu’il y a ?…

– Mais parlez donc.