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Il reparut sans accident à l’orifice supérieur.

« Hein ! dit-il, si j’avais cassé le miroir !

– Vous l’auriez payé, répondit sévèrement Belfast.

– Et ce damné boulet est tombé ? » demanda J.-T. Maston.

– Dans le Pacifique !

– Partons. »

Un quart d’heure après, les deux savants descendaient la pente des Montagnes-Rocheuses, et deux jours après, en même temps que leurs amis du Gun-Club, ils arrivaient à San Francisco, ayant crevé cinq chevaux sur leur route.

Elphiston, Blomsberry frère, Bilsby, s’étaient précipités vers eux à leur arrivée.

« Que faire ? s’écrièrent-ils.

– Repêcher le boulet, répondit J.-T. Maston, et le plus tôt possible ! »

CHAPITRE XXII

le sauvetage.



L’endroit même où le projectile s’était abîmé sous les flots était connu exactement. Les instruments pour le saisir et le ramener à la surface de l’Océan manquaient encore. Il fallait les inventer, puis les fabriquer. Les ingénieurs américains ne pouvaient être embarrassés de si peu. Les grappins une fois établis et la vapeur aidant, ils étaient assurés de relever le projectile, malgré son poids, que diminuait d’ailleurs la densité du liquide au milieu duquel il était plongé.

Mais repêcher le boulet ne suffisait pas. Il fallait agir promptement dans l’intérêt des voyageurs. Personne ne mettait en doute qu’ils ne fussent encore vivants.

« Oui ! répétait incessamment J.-T. Maston, dont la confiance gagnait tout le monde, ce sont des gens adroits que nos amis, et ils ne peuvent être tombés comme des imbéciles. Ils sont vivants, bien vivants, mais il faut se hâter pour les retrouver tels. Les vivres, l’eau, ce n’est pas ce qui m’inquiète ! Ils en ont pour longtemps ! Mais l’air, l’air ! Voilà ce qui leur manquera bientôt. Donc vite, vite ! »

Et l’on allait vite. On appropriait la Susquehanna pour sa nouvelle destination. Ses puissantes machines furent disposées pour être mises sur les