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l’épave du cynthia.

en quatre secondes, précédés et suivis d’éclipses. Une bonne brise de nord-est accélérait la marche du navire en l’appuyant fortement sur sa hanche de bâbord. Aussi roulait-il peu, quoique la mer fût assez houleuse.

Comme les dîneurs arrivaient sur le pont, l’homme de service à l’arrière achevait de tirer le loch.

« Dix nœuds un quart, dit-il au commandant qui s’avançait vers lui pour savoir le résultat de l’opération.

— C’est une jolie marche, à laquelle on s’abonnerait pour cinquante ou soixante jours ! dit le docteur en riant.

— En effet, répondit le commandant, et nous n’aurions plus, en ce cas, beaucoup de charbon à brûler pour arriver au détroit de Behring. »

Sur ces mots, il quitta le docteur et redescendit à sa chambre. Là, il choisit, dans un grand casier ouvert sous ses baromètres et ses montres marines, une carte doublée de toile qu’il déploya sur son bureau, à la vive lueur d’une énorme lampe Carcel suspendue au plafond. C’était une carte de l’amirauté britannique, indiquant tous les détails de la région maritime dite armoricaine et présentement parcourue par l’Alaska, entre le 47e et le 49e degré de latitude nord, le 4e et le 5e degré de longitude ouest de Greenwich. La carte avait près d’un mètre carré de surface. Les côtes, les îles, les feux fixes et tournants, les bancs de sable, les profondeurs