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54 LES POÈTES MAUDITS Tout le monde (digne de le savoir) sait que Mallarmé a publié en de splendides éditions V Après-midi d’un Faune^ brû- lante fantaisie où le Shakespeare d’Adonis aurait mis le feu au Théocrite des plus fougueuses églogues, — et le Toast funèbre à Théophile Gautier^ très noble pleur sur un très bon ouvrier. Ces poèmes se trou- vant dans la publicité, il nous semble inu- tile d’en rien citer. Inutile et impie. Ce serait tout en démolir, tant le Mallarmé définitif est un. Coupez donc un sein à une femme belle ! Tout le monde (dont il a été question) connaît également les belles études lin- guistiques de Mallarmé, ses Dieux de la Grèce et ses admirables traductions d’Edgar Poe, précisément. Mallarmé travaille à un livre dont la profondeur étonnera non moins que sa splendeur éblouira tous sauf les seuls aveugles. Mais quand donc enfin, cher ami? Arrêtons-nous : l’éloge, comme les dé- luges, s’arrête à certains sommets. r>