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LES POÈTES MAUDITS 

tion) après avoir écrit, en prose encore, une série de superbes fragments, les Illu- minations, à tout jamais perdus, nous le craignons bien * . Il disait dans sa Saison en Enfer: c Ma journée est faite. Je quitte l’Europe. L’air marin brûlera mes poumons, les climats perdus me tanneront. » Tout cela est très bien et l’homme a tenu parole. L’homme en Rimbaud est libre, cela est trop clair et nous le lui avons concédé en commençant, avec une réserve bien légitime que nous allons ac- centuer pour conclure. Mais n’avons-nous pas eu raison, nous fou du poète, de le prendre, cet aigle, et de le tenir dans cette cage-ci, sous cette étiquette-ci, et ne pourrions-nous point par surcroît et su- rérogation (si la Littérature devait voir se consommer une telle perte) nous écrier avec Corbière, son frère aîné, non pas i. Les Illuminations ont été retrouvées ainsi que quelques poèmes. Une œuvre complète ne I peut que paraître plus tard, avec une curieuse notice anecdotique et de nombreux portraits, en une édition de grandluxe.