Page:Verlaine - Les Poètes maudits, 1888.djvu/36

Cette page n’a pas encore été corrigée


20 LES POÈTES MAUDITS aux oreilles du bibliothécaire en chef dont le nom, peu fait pour la postérité, danse au bout de notre plume, mais qu’importe ce nom d’un bonhomme en ce travail malé- dictin? L’excellent bureaucrate, que ses fonctions mêmes obligeaient à délivrer à Rimbaud, sur la requête de ce dernier, force Contes Orientaux et libretti de Fa- vart, le tout entremêlé de vagues bou- quins scientifiques très anciens et très rares, maugréait de se lever pour ce gamin et le renvoyait volontiers, de bouche, à ses peu chères études, à Cicéron, à Horace, et à nous ne savons plus quels Grecs aussi. Le gamin, qui d’ailleurs connaissait et sur- tout appréciait infiniment mieux ses clas- siques que ne le faisait le birbe lui-même, finit par c s’irriter », d’où le chef-d’œuvre en question. LES ASSIS Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues Vertes, leurs doigts boulus crispes à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues Gomme les floraisons lépreuses des vieux murs. )