Page:Verlaine - Les Poètes maudits, 1888.djvu/24

Cette page n’a pas encore été corrigée


/^

LES POÈTES MAUDITS 

Quel Breton bretonnant de la bonne manière! L’enfant des bruyères et des grands chênes et des rivages que c’était! Et comme il avait, ce faux sceptique ef- frayant, le souvenir et Tamour des fortes croyances bien superstitieuses de ses rudes et tendres compatriotes de la côte ! Écoutez ou plutôt voyez, voyez ou plu- tôt écoutez (car comment exprimer ses sensations avec ce monstre-là ? ) ces frag- ments, pris au hasard, de son Pardon de Sainte Anne. Mère taillée à coups de hache, Tout cœur de chêne dur et bon, Sous Tor de ta robe se cache L*âme en pièce d*un franc Breton ! Vieille verte à face usée Gomme la pierre du torrent; Par des larmes d*amour creusée, Séchée avec des pleurs de sang. Bâton des aveugles ! Béquille Des rieilles ! Bras des nouyeau-nés !