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90 LES POÈTES MAUDITS » Des nuits, comme la mer au pied de ces tombeaux » Se lamentaient, houleux, devant mon apathie. » J*ai vu de longs adieux sur mes mains se briser : » Mortelle, j*ac cueillais sans désir et sans haine, » Les aveux suppliants de ces âmes en peine : » Le sépulcre à la mer ne rend pas son baiser. » Je suis donc insensible et faite de silence » Et je n’ai pas vécu ; mes jours sont froids et vains, u Les Gieux m’ont refusé les battements divins ! » On a faussé pour mol les poids de la balance. » Je sens que c’est mon sort même dans le trépas : » Et soucieux encore des regrets ou des fêtes, » Si les morts vont chercher leurs fleurs dans les tem- [pêtes » Moi je reposerai, ne les comprenant pas. » Je saluai les croix lumineuses et pâles. L’étendue annonçait l’aurore, et je me pris A dire, pour calmer ses ténébreux esprits Que le vent des remords battait de ses rafales Et pendant que la mer déserte se gonflait : « Au bal vous n’aviez pas de ces mélancolies » Et les sons de cristal de vos phrases polies » Charmaient le serpent d’or de votre bracelet. )) Rieuse et respirant une toufie de roses, » Sous vos grands cheveux noirs mêlés de diamants,