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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/95

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QUAND MÊME


Ah, dis, mon cœur, plutôt que cette vie
D’émotion sans doute noble encor
Qui mène au sein d’un rouge et noir décor
Ton manque de toute philosophie,

Ton manque aussi, que personne n’envie,
De ce qu’on va nommant un heureux sort
Quelconque, et ce, pour jusqu’à telle mort
Qui sera dure, bien que la défie

Et ton courage, et ton dégoût aussi,
Ah, dis, mon cœur, plutôt qu’un tel souci
Tumultueux parmi ces crépuscules,

Vaut-il pas mieux conquérir cette paix
Qu’on eût voulue au bon temps des souhaits ?
— Il est trop tard, nous serions ridicules.


27 décembre 1894, hôpital Bichat.