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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/58

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FÉROCE


Tu m’as vu mourant presque,
Ou plutôt presque mort,
Formant une arabesque
De mon bras qui se tord,

Écarquillant des yeux
De folie et de rêve,
À soi-même odieux,
Attendant qu’on les crève,

Balbutiant des sons
Sans pouvoir les produire,
Moi, chanteur de chansons,
Sans pouvoir te les dire

Je crois, on me l’assure,
Que, douce, une pitié
Te prit, non sans mesure,
Puis désapitoyé,
Ton cœur cria : c’est bien lui qu’il faut qu’on torture !