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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/50

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J’ai revu, quasiment triomphal,
La ville où m’attendaient ces mois d’ombre.
Mon malheur était lors sans rival,
Mes soupirs, qui put compter leur nombre ?
J’ai revu, quasiment triomphal,
Ces murs qu’on avait crus d’oubli sombre.

Le train passait, blanc panache en l’air
Devant la rougeâtre architecture
Où j’eus vécu deux fois un hiver
Et tout un été sans aventure.
Le train passa, blanc panache en l’air
Avec moi me carrant en voiture.

Sans aventure, ah ! oui, ces hivers
Et cet été, d’aventure aucune,
Moi qui les aime, à titres divers,
Soit en plein scandale ou sous la lune !
Sans aventure, ah ! oui, les hivers
Et cet été, la morne infortune !