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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/46

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varia


Moi je suis la mer, et la mer
C’est moi, pire et meilleur encore,
Moi je suis pire que la mer

Et meilleur qu’elle, et bien meilleurs
Et bien pires mes ires et
Mes amours crachant morts et fleurs,

Fleurs et pleurs et mon cœur avec
Mon cœur qu’escortent des mouettes
Gaiement tristes, claquant du bec

Comme de froid et voletant,
En faibles et mignards caprices,
Comme sur du feu voletant,

Du feu qui sourdrait de ce cœur
Ému comme la mer, et calme
Mieux et pis qu’elle, pauvre cœur,

Pauvre cœur d’orage et de pleurs
Plus salés que toutes les vagues.
Pauvre cœur d’orage et de pleurs…

Salut France ! Et qui m’attend donc,
Puisqu’enfin voici la patrie ?
Le calme sans doute et tant donc !

On n’est pas toujours accueilli
Ainsi qu’on s’attendait à l’être.
Qui donc est toujours accueilli ?