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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/407

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comme ça

raderies de jeu et de boisson et des complicités dans les prostitutions de tous genres avaient préparé cette âme de pâtre, cette âme solitaire et contemplative de pâtre, cette âme, à tous les raffinements parisiens.

Or, il arriva qu’un jour, chez un marchand de vins assez luxueux, tenant un hôtel très couru surtout des miches pas trop toc, Marinette ayant fait verser à boire de trop à un monsieur qui portait un chapeau haut de forme, un plastron blanc sous un faux-col exagéré et des bottines à bouts pointus, comme une partie de Zanzibar était en train et qu’un rampo venait d’éclater, la fille, s’accoudant sur l’épaule du monsieur dont elle tiraillait l’oreille en même temps, dit :

— Tu es un homme d’esprit, distingué, je te gobe, mais…

— Mais quoi ?

— Montes-tu ?

— Où ?

— Chez moi…

— Où, chez toi ?

— À deux pas d’ici…