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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/404

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histoires

aussi, certes ! à des actions belles en elles-mêmes, était heureusement pour lui corrigé par l’éducation parcimonieuse, par la circonspection aussi pour ainsi dire native en ces âmes des champs, et son courage très réel et son avidité de tout le plaisir se voyaient par des fois des bornes imposées de ces parts.

Il avait déserté sa famille comme on déserte au régiment. Or, sa frontière fut Paris dont il ne connaissait ni le langage à fond ni la morale au fond. Donc, il dut vivre avec sa beauté, il tomba souteneur immédiatement ; et, puisqu’il était très fort comme il était fort beau, il devint redoutable et, dès lors, plus qu’aimé par ses femmes.

Ce portrait, trop long peut-être, va justifier l’histoire que nous allons narrer. Parmi les filles de qui Charles Husson recueillait les débris de jeunesse, — sans, bien entendu, compter les très nombreuses « victimes », de qui la virginité quasi ou tout à fait enfantine, qu’il faisait entre temps, lui en renouvelait une espèce d’une, — se trouva une nommée Marinette (comme dans Molière et dans Banville), fesse mignonne et gentille pour ce très à la mode dans ce monde-là.

La mode y était alors, comme à peu près partout et dans tous les temps, d’être lâche et plus