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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/399

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comme ça

Aline n’était pas non plus sans défauts. Nous l’avons vue muser sur la route devant un spectacle, certes, étonnant, mais qui ne devait pas lui faire oublier, même un instant, une commission aussi pressée que celle d’aller au lait pour le déjeuner de ses parents et de ses frères et sœurs, puis mentir par orgueil, car, de même que les femmes cherchent toujours à se rajeunir, les enfants des deux sexes, mais plus particulièrement les petites filles, n’ont d’aise que quand ils croient passer pour plus grands qu’ils ne le sont, fût-ce en dépit de leur taille. De plus, elle était colère, répondeuse gentiment sale, mais sale ! Puis, quelque observation qu’on lui en fit, elle avait l’affreuse habitude de se fourrer les doigts dans un nez qu’elle mouchait peu.

Et ses défauts s’enchevêtrant, pour ainsi parler, les uns dans les autres, ne la rendaient pas moins malheureuse qu’ils ne désolaient trop souvent sa famille. Par exemple, on lui reprochait de ne pas s’être lavée le matin. Elle ne