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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/39

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EX IMO


Ô Jésus, vous m’avez puni moralement
Quand j’élais digne encor d’une noble souffrance,
Maintenant que mes torts ont dépassé l’outrance.
Ô Jésus, vous me punissez physiquement.

L’âme souffrante est près de Dieu qui la conseille,
La console, la plaint, lui sourit, la guérit
Par une claire, simple et logique merveille.
La chair, il la livre aux lentes lois que prescrit

Le « Fiat lux », le créateur de la nature,
Le Verbe qui devait, Jésus-Christ, être vous
Plein de douceur, mais lors faisait la créature
Matérielle et l’autre en tout grand soin jaloux.

La Science, un souci vénérable, tâtonne,
Essaie et, pour guérir, à son tour, fait souffrir,
Et, le fer à la main, comme un bourreau te donne,
Triste corps, un coup tel que tu croirais mourir,