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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/388

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histoires

créateur d’hommes ; le cheveu dressé dru, noir et dur, porté court ; et sous des yeux infernaux, rubis violets ombrés de sourcils dardants et de cils féroces, longs à s’en frisotter vers les pointes, et sous le clou de girofle macabre, mais que palpitant ! de son nez resté un peu en l’air, de naguère un peu aquilin, une bouche rouge à moustaches et à dents belles, un menton comme déformé dans la forme en galoche napoléonienne, tout cela, parmi du ponceau marbré de blanc, le faisait non pas horrible, mais terrible.

Il continua, partant, d’être aimé, puisque richissime, en outre.

Sa beauté corporelle corroborait le reste.

Nu, c’était Hercule à vingt ans, Antinoüs à trente. Très poilu, son corps affectait par devant un voile de satin roussâtre à larges touffes de mailles par où luisait la peau, mate plus qu’olivâtre, du pur midi, mais nettement blanche du climat qu’il faut. Pas maigre, mince non sans des méplats jeunes disant la chair forte, et qui éblouissaient à travers un duvet fauve encore.

Quand il s’habillait, correct mieux que tous autres élégants.

Il avait séduit une fille, voici quelques années, une simple villageoise dont il avait fait une fille à la mode, aigrie et rusée d’ingénue ordinaire qu’elle était. Bien qu’elle fût riche, elle ne pou-