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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/386

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histoires

c’était son devoir. Son départ eut lieu au milieu de scènes touchantes. Durant le voyage, qu’il effectua en seconde classe avec sa vieille servante, celle-ci ne cessa de l’observer et de le forcer à se mieux couvrir de sa houppelande, qu’il déboutonnait parfois, ayant trop chaud.

Son curé, à Paris, gros homme fin à binocle sur le nez, le reçut non sans politesse, l’invita à un déjeuner comme il faut auquel Anne fit peu d’honneur.

Un sauvage, pensa l’ecclésiastique de Paris, quel bon fond ! mais…

L’abbé Anne, dès le soir repris de son mal négligé, mourut édiliant, à l’aube, entre son curé qui pleurait et sa veille bonne qui s’écria, baisant son nourrisson au front :

— Pauvre monsieur le Curé !