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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/381

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comme ça


— À jeudi donc, petit.

— Oui, monsieur le Curé, la revoir, monsieur le Curé.

— Au revoir. Sois bien sage.

— Oui, monsieur le Curé.

Et l’abbé Anne, de son pas égal et vif, rentra au presbytère, une petite construction blanchie à la chaux entourée d’un beau jardin cultivé par ses soins. Sa bonne, qui avait été sa nourrice, lui dit :

— Votre café refroidit.

Il prit son café au lait dans la cuisine spacieuse et après avoir déposé dans la sébile pour les pauvres, sur un coffre dans le corridor, une bonne poignée de deux sous (le paysan n’employait à cet usage que les deux centimes) fut à sa chambre composée, entre des murs tendus de clair, de quelques objets d’acajou, lit, chaises, un fauteuil de velours rouge, un prie-Dieu en tapisserie. Un grand crucifix d’ébène et d’ivoire sur velours vert, encadré de palissandre sous une glace bombée, une statuette de la Sainte Vierge et des petits reliquaires d’argent et de vermeil suspendus aux murs. La pendule de bronze doré au sujet insignifiant, deux flambeaux en bronze « de Corinthe » à deux bougies et aux bobêches de métal blanc, un petit feu dans l’étroite cheminée. Des journaux locaux et autres, l’Univers