Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/376

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
366
histoires

au moins des injures, il eut à la satisfaire une seconde et une dernière fois et voici comment il y parvint.

Il s’agissait d’une femme autrefois, très autrefois, mais très bien aimée, très bien aimée, très bien, vraiment ! Il avait eu tous les torts envers elle, tous les torts que les sens expliquent immédiatement, tous, mais son repentir avait été sincère, prouvé cent fois et son désir de renouer autant. Elle, — avait eu envers lui tous les torts, juste ! que les sens n’expliquent pas immédiatement tous, et surtout des torts d’argent. Fi ! et que la pauvreté de Jacques répugnait donc à l’oubli ! (Pardonner, il en était d’autant moins question que se venger s’imposait, semblait-il, à cette pauvreté.) Mais dès que la grande aisance fut venue de la façon qu’on a pu voir, le pardon devint plus facile encore que l’oubli, et la signification du pardon, pour être encore plus délicate, il l’inscrivit dans son testament sous la forme d’un legs dépassant de beaucoup les sommes plaintes, sous de minimes conditions d’entretien tumulaire exclusivement confiées à ces mains, en termes à désarmer un tigre.

Un homme aussi l’avait beaucoup trop volé, de par la loi aussi. (Ai-je ainsi, conformément à la vérité, spécifié le cas d’à la minute ?) Il pardonna sans en rien faire savoir qu’à Dieu. Mais