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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/370

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histoires

trop de morale gênante et avec juste assez, de bêtise assumées.

Non, il avait tout bonnement acquis une certitude, mais celle-là était la seule certitude au monde après la foi religieuse, et plus avare encore qu’elle de se communiquer. Mais quelques mots de son histoire sont nécessaires ici. D’abord il s’appelait Jacques Trébois. Jacques Trébois était dans la force de l’âge, dans les quarante et quelques années. Il n’avait pas mal surmené la vie qui ne le lui avait pas trop rendu. Même sa santé était relativement insolente. Par contre, tout ce qu’il y a de mieux achevé comme ruine financière, il le présentait. Prodigalités et duperies avaient mis quelque temps à procurer ce résultat, mais y étaient parvenues dans la perfection. Ce n’était plus même au jour le jour qu’il végétait ; désormais, une heure gagnée sur la fin de la journée lui paraissait une de ces conquêtes ! Mais vaillant et gai autant qu’il est vraisemblable dans de pareils cas. Nulle bohème dans son fait : on ne lui connaissait pas de dettes et il n’en avait pas, et sans le moins du monde maudire le présent ou craindre l’avenir, il ne regrettait rien du passé où il n’avait, disait-il, aucun remords. Des torts parbleu ! il en comptait dans son existence, comme tout un chacun, beaucoup de torts en-