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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/369

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CONTE DE FÉES


Le plus grand bonheur de sa vie lui échut l’année dernière, — et quand je dis bonheur, ce n’est pas ce que l’on pourrait imaginer en entassant les chances favorables les plus rares sur les plus extraordinaires des hasards cléments. Non. Ce n’est pas non plus, ainsi que la majorité des bons esprits voudrait le supposer, qu’il eût enfin revêtu de lui-même, ou sous le coup d’une expérience plus ou moins cruelle, ce calme absolu, cette pure impassibilité que préconisent tant de philosophies. Non. Ce n’est pas davantage qu’il fût devenu subitement égoïste, à ce poussé par d’imméritées infortunes et qu’il trouvât dans le culte exclusif de soi-même une consolation peu noble, mais efficace. Non. Ce n’est pas encore qu’il eut pris son parti de l’existence « en brave » pas trop dégoûté, sans