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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/364

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histoires

et ses autres doigts, moins le pouce, se refermant, ne signifia-t-elle pas de l’index que j’eusse à retourner à ma place ? Impérieux était ce geste. C’était celui d’un chef militaire désignant un poste à aller prendre sans retard et sans explications. — Tu souris, Fritz ; je t’assure qu’à ce moment je n’avais guère envie de sourire et encore moins de penser à la révoltante absurdité de cette vision. Sans y croire le moins du monde, en dépit de mes yeux, j’en étais abasourdi et, je puis l’avouer puisque la fin du récit m’absoudra, terrifié. Si bien que je me reculai jusqu’à mon fauteuil où je tombai, les yeux tendus pour ainsi dire par force vers l’affreux objet qui, maintenant, comble d’horreur ! étendait ses doigts, les ramenait, les étendait, ainsi que pour des passes magnétiques…

Vous le confesserai-je ? Oui, puisque, je le redis, l’événement ne tardera pas à me disculper du tort apparent de crédulité : je me sentis médusé, rivé au fauteuil, incapable d’un mouvement. En même temps, la lueur calme de la veilleuse pâlissait encore et devenait d’une hor-