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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/359

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comme ça

main dormait là, depuis des années, sous de farouches trophées, parmi de massifs bijoux : pistolets d’arçon damasquinés, dagues aux fourreaux d’argent et de cuivre vieux, cachets aux bizarres devises, sur une table de bois de rose.

Elle dormait, la Main, depuis des années, quand le major s’alita, au seuil de la maladie qui devait l’emporter, au dire de nos chers et illustres professeurs, qui furent, pour la plupart, nous ne l’ignores pas, consultés en cette circonstance. Mais voici la vérité…

En prononçant ces derniers mots, la voix de Hans se fit soudain grave, lente, j’allais dire solennelle, et je ne me serais trompé que de peu.

Ce fut, d’ailleurs, sur ce ton, qu’il poursuivit son récit.

— Je fus appelé à l’hôtel Müller, d’une part, en qualité de jeune, mais intime ami du major, et sur le vœu de celui-ci ; d’autre part, comme élève du docteur Schnerb, qui présida, vous vous en souvenez, les innombrables conférences tenues par nos dits illustres et chers professeurs autour de ce mémorable chevet : mais la première circonstance fut surtout cause que le ma-