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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/35

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VOYAGES


Je voyageai dernièrement hors de Paris.
Où ça ? Bien Loin, hélas, du marbre et des lambris
Pompeux, où j ’ai depuis longtemps l’honneur de vivre
Mal et peu. —
J’y grisai mes yeux du plus fin cuivre
Et du plus rare argent des Pays-Bas. De l’or
De France, non ! Car la France est un fier trésor
De travail et, disons-le, de patriotisme,
D’or aussi, mais saint ; l’or de mon pays, — cet isthme
Vers l’Alsace et vers la Lorraine, ô natal Metz ! —
N’est pas pour mes besoins.
Donc, par monts tant famés,
Par vaux si renommés, par campagnes trop belles
Que l’amour du pays a faites immortelles,
Je rôdais, aimant, presqu’autant que mon pays,
Ces amis de là-bas, point de chez vous, faillis
À l’honneur militaire en dépit de vos forces,
Arbres réduits à rien en dépit des écorces
Diverses que donc le printemps vous flanque au dos,
— Printemps, faiseur de guerre et leveur de rideaux !