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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/343

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comme ça

— Ah !

Célestin était un tonnelier qui travaillait. Il l’avait soignée pendant une longue maladie. Un homme qui ne buvait jamais. Elle, hélas ! avait cette habitude-là. Lui ne pouvait la souffrir quand elle était dans de vilains états. Il l’avait chassée un jour. C’est pourquoi elle était revenue au garnot. Elle l’aimait encore, bête qu’elle était. Il l’avait soignée. Et puis, il était de Lille. Il causait patois un peu comme elle.

— Enfin, n’en parlons plus. Ze t’aime bien aussi. Ne pensons qu’à nous pour le moment.

Par degrés, X. lui fit reconnaître qu’au font Célestin ne travaillait pas tous Les jours : l’ouvrage était si rare au jour d’aujourd’hui — et qu’il souffrait qu’elle travaillât, elle, à sa « sale » manière, bien qu’il ne la battit pas quand elle rentrait sans le sou (quelquefois elle buvait ses bénéfices, entre parenthèses) et ne vint pas l’attendre pendant ses passés ou la siffler d’en bas quand elle tardait trop à en avoir fini avec un client à l’air pas assez sérieux.

X. opinait du bonnet, berçant l’intérêt lent de ces récits de gentillesses, comme de prendre et de tapoter les mains petites, de passer la paume sur les ondes blondes et les doigts dans les frisons d’or…

Cela dura quatre longs mois, au cours des-