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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/332

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histoires

remit en tête quelle foule d’idées, et qui est-ce qui lui trottait le plus dans sa diable de cervelle ? Parbleu ! la femme à l’engueulade, la p..... de l’été dernier. Cœur humain !

C’était une imperceptible blonde, d’un blond ardent merveilleux. Sa tête va comme je te pousse n’était pas désagréable avec son nez trop à la retroussette, son teint haut de buveuse habituelle et ses cils un peu de lapin blanc. Elle portait, à l’époque dont se souvenaient les sens commençant à s’étirer de l’alité, une camisole rouge à pois blancs, sur une jupe pareille. Tout ça lui donnait l’air d’un petit incendie, et c’était très ragoûtant. Aussi fut-ce un bon moment pour X. (il s’appelait ainsi) quand il apprit par son logeur que Mlle Marie avait reloué chez lui. Sur le champ il se fit faire sa chambre à fond et changer de draps, commanda un bon souper à deux pour vers six heures du soir, et s’arrangea de façon à ce que l’infante voulût bien venir dans les environs de cette heure-là.

Un énorme feu de charbon anglais flambait dans la large grille, et la réverbération en dansait gaîment, on eût dit malicieusement, sur la longue étagère d’en face surchargée de livres, dont pas mal de mystiques, sur le marbre et les cuivres de la commode, et jusqu’au plafond tendu de papier gris clair à fleurs violâtres. X. était