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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/295

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souvenirs

blonds et les roux, et les draps caresseurs, et l’élasticité des lits et l’abandon de ta volonté sans compter les plongeons où ça ? Partout, vieux drôle ! Tes mains, tes lèvres… Oui, abjure ça. Rappelle-toi les belles chastetés. Que c’était bon aussi, au fond ! Même tu crus que c’était meilleur encore, souviens-toi. Mais non, tu te raidis. Ton corps un peu remis se bande à nouveau — et que quelqu’un de gentil vienne, que X ou qu’Y ou Z entre : ah misère, misère, cela, la vraie, la seule ! Car la boisson…

— Miaaaaou !

— Comme ce chat miaule bizarrement ! On dirait presque une voix humaine… Mais j’y suis… As-tu fini, gosse, de m’empêcher de dormir ? D’abord c’est bête, ce que tu fais là. et c’est mal imité. Tu ne sais même pas miauler ! Et puis, fiche-moi la paix, va-t-en, ou dès demain je le dirai à tes parents.

— Miaouaaaou !

— Petit insolent, tu me le paieras !

Car le malade s’imaginait que ce cri provenait du fils de la maison, galopin d’une douzaine d’années, plus qu’espiègle, qui avait l’habitude de le servir, d’ailleurs, gentiment et suffisamment poliment — non sans quelque manque intermittent de respect. Et, là-dessus, il frotta une allumette et alluma sa bougie.