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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/288

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souvenirs

Et croyez bien que si je m’étends sur elle de façon si gracieuse, ce n’est, au fond, que pour lui dire tout le mal que j’en pense.

D’abord, elle me fourre, à mon grand dam ! un tas d’idées mythologiques dans la tête et j’en avais bien besoin en vérité ! C’est Diane chasseresse pour la haute taille et l’incomparable sveltesse ; c’est Vénus pour la vénusté ; c’est, à elle seule, les trois Grâces pour la grâce. Que sais-je encore, et que dirai-je, moi profane, en ce pays un peu bien païen pour le sage que nous sommes ! J’emploie ici le pluriel, car ce ne serait pas trop que d’être à plusieurs, ou tout au moins de déployer le zèle de plusieurs, pour célébrer cette belle, congruement, — et voilà encore un grief pour l’en accabler dans la mesure désirable.

Comme il a été parlé plus haut d’intelligence et de goût, ne siérait-il pas de faire contre-poids et de déclarer tout cru qu’elle se refuse à porter le moindre bijou, prétendant mieux vouloir rester parée de sa propre beauté, comme si ce n’était pas d’autant plus détestablement prétentieux qu’elle est belle en effet (voir plus haut et en dépit de ses yeux clairs et bien ouverts qu’un hôte malavisé et moins galant que le précédent comparait à ceux d’un mouton !) et demandez en outre, pour savoir et voir leur mine en cette