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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/284

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souvenirs

et en petits marins et les plus grands en sortes d’enseignes de marine qui seraient bien tentés de lui faire par les rues et par le Luxembourg des niches comme nous en faisions, nous, à nos pions, entre la rue Chaptal et celle de Caumartin, mais qui, reconnaissant sa justice et lui en étant reconnaissants, lui gardent tout le respect non moins que l’affection filiale et bientôt fraternelle qu’il mérite tant !


IX


La quintessence d’un gavroche qui serait un artiste puissant, presque un poète à force d’esprit et de savoir-faire dans l’esprit. Homme de cœur avant tout et mystificateur par dessus le marché : tel, au moral, mon ami.

Tel au physique lui, de face : une tête, pour ainsi parler, en l’air, enlaidie d’un monocle, mais ornée d’épais sourcils très beaux, avec des yeux émerillonnés et un fort nez à la retroussette, une bouche aux lèvres charnues perpétuellement souriante et bien meublée que surmonte une moustache tantôt latente, tantôt absente, le tout semblant s’essorer dans de la bonne humeur et de la fierté.